Je suis né sur une île qui flotte encore de nos jours sur l'océan indien. L'Inde est un peu gonflée de s'être appropriée ainsi un océan qui borde également l'Afrique. Elle aurait pu trouver un accord international et le nommer l'océan indo-africain. Je serais ainsi né dans l'océan indo-africain sur une île proche de Madagascar qui n'est très loin de l'Afrique. Les africains se font vraiment tout voler, même les molécules d'eau qui s'échouent, epuisées, sur leurs plages.

Quand je suis né sur le sable chaud, on avait un président qui fumait tout le temps et qui mourait un peu plus de conseil des ministres en conseil des ministres. Celui qui m'a vu naître

Moi, je me contentais de pousser un premier et dernier cri, étant de nature discrète.

J'aimais mes parents mais vers un an, je prenais conscience qu'ils étaient un peu bizarre. Alors qu'ils avaient tout pour eux : une île pleine de soleil, une plage bordée par l'océan que, donc, les géographes avaient attribué à l'Inde, des volcans qui illuminaient les nuits et trois enfants heureux du tableau, les voilà qu'ils émigraients dans une région où l'herbe était toujours verte grâce à la pluie jamais tropicale mais toujours régulière. Je posais mes pieds en métropole au moment où le président en noir et blanc avait complètement fini de mourir et était remplacé par un autre qui avait dompté la couleur. celui qui m'a vu atterrir

C'était la belle époque où les avions irlandais décollaient de Vincennes pour renifler les diamants en Auvergne. C'était aussi le début du déclin économique mais personne ne s'en rendait compte encore et tous étaient heureux en Simca, Rancho ou R12, et pouvaient rouler bourrés parce qu'à cette époque, un verre ça allait, trois, c'était encore bon.

Moi, mon sort était réglé : j'avais atterri à Paris, on m'avait transporté en Peugeot d'abord sur une autoroute, ensuite sur une nationale puis sur des routes de campagne. on venait de m'enfermer en Normandie pour un bon moment.