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jeudi 6 juillet 2006

Biographie : ma couleur préférée


 

Bleus de travail

Les bleus pourront-ils l'emporter ? La pression est forte. Rien n'est gagné d'avance. Normalement, ils n'auraient pas dû en être là.

Les bleus pourront-ils gagner ? On ne semble pas se rendre compte de l'enjeu.

Tout le monde s'en fout mais il se pourrait bien que l'on privatise une entreprise pendant que des millionnaires poussent des ballons dans des filets.

Savez-vous que les bleus font la grève pendant qu'on fait cuire nos coquillettes sur nos gazinières ? Ils ont bien raison de se plaindre, les syndicalistes en combinaison bleus . C'est l'énergie qu'on veut privatiser. C'est un p'tit gars comme ça qui me rend chaud

Il faut savoir choisir entre payer le gaz plus cher pour mieux chauffer les actionnaires ou continuer à penser que la richesse nationale peut permettre à tous d'avoir chaud cet hiver à un prix raisonnable, quit à ne pas baisser les impôts l'année prochaine. D'ailleurs (c'est pour vous faire rire) vous vous souvenez que les impôts auraient dû baisser de 33 % entre 2002 et 2007 ?

Trop de pommes pendant les élections, ça fait aller aux toilettes

Alors moi, je dis : "Allez lez bleus ! On est tous derrière vous !". Fièvre populaire contre les privatisations - archives 2006


La figure pleine de bleus

Les violences faites aux personnes a augmenté cette année. Je me souviens en tremblant comme nous avions peur avant 2002 de sortir de chez nous. Nous avions un sentiment d'insécurité insuportable. On sentait des ombres nous poursuivre chaque soir où nous sortions et des mains géantes s'abattre sur nous. Vous vous souvenez, 2002 ? Un gouvernement laissait des monstres nous voler (sauf moi), nous rouer de coups (sauf moi), nous violer (sauf moi), nous escroquer (moi comme les autres. Avant je donnais une pièce de 5 francs dans un bar et j'avais en échange un café, un sourire et de la monnaie. Aujourd'hui, je donne 7,87 francs...pardon 1 euro 20 et j'ai le même café avec en prime les plaintes du bistrotier qui dit que la vie est dure parce que quand même, il paie 90 centimes d'euros la baguette aux fumiers du coin qui vendent leur pain).

Pour les plus jeunes, je précise que le franc était l'unité de mesure de la monnaie à une époque où on espérait encore une retraire, où le mot "partage" était un nom propre et où "surendettement" n'était pas un nom commun, où 9 % de chomeurs et 20 % de pauvres n'étaient pas un bilan positif de gouvernance. Vidéo pirate d'un discours de premier ministre

Cela vaut pour les droitiers comme pour les gauchers : des deux mains, l'histoire s'écrit bien mal depuis que je suis là.

Bref, on a remplacé en 2002 des assassins par des cherifs qui ont mis en prison tous ceux qui nous volaient, nous attaquaient, nous violaient et nous escroquaient. Pourtant, le nombre de violences contre les individus cette année a augmenté. Il aurait fallu enfermer d'abord les statisticiens. Leur science nous fait douter de la providence et nous rend craintifs. Heureusement, une française est en finale de Wimbledon. Décidement, on aime le gazon cet été.


Les bleus, enfin

J'avais parié pour l'Espagne, le Brésil et le Portugal. Je suis vert. Football : sport populaire fédérant les peuples - non daté

 

lundi 26 juin 2006

Fragments de biographie (2)


 

Un jour, il y a un chanteur qui a cassé sa pipe. mais elle est cassée quand même 

J'étais tout petit et je me souviens encore de l'hommage à la télé ce samedi soir là Y'en avait pas qu'une, à l'époque

et de la chanson "je m'suis fait tout p'tit devant une poupée". Partition Inde-Pakistan, pleine de fausses notes

J'étais assis derrière un fauteuil, il y avait du monde dans le salon. Mon père en avait fini avec tous ses malades de la semaine et fêtait son samedi soir avec des bons vivants.  Je découvrais pour la première fois, grâce à la télé, qu'on pouvait parler français avec un accent. Cet accent m'envoûtait. J'avais une cousine et un cousin qui avait le même mais comme l'un était en train de mourir et que je n'aimais pas l'autre, je ne m'en étais jamais préoccupé. Personne ne semblait intéressé par le défunt. On me foutait la paix, je n'étais qu'un enfant et je pouvais rester derrière un fauteuil sans susciter d'intérêt. Ceux de mon âge me faisaient peur. Je préférais écouter les adultes. Ils étaient rassurants et plein de certitudes. Ils étaient tous meilleurs que les autres et se méprisaient les uns les autres, au fond. C'étaient de grands enfants encore éternels. Aujourd'hui certains sont morts, d'autres ont changé de vie, tous sont vieux. Moi, j'ai leur âge maintenant, je suis encore éternel. Encore qu'il me soit arrivé de douter. Des grand'tantes m'ont dèjà pris, au cours de récents mariages, pour mon père. Une autre fois, une vieille dame m'a parlé de la guerre, des bombardements sur Rouen, des avions qui survolaient la ville par deux pour lacher les bombes. Quand tout Rouen fut enfin en ruine, elle me demanda : "et vous, que faisiez-vous pendant la guerre ?".
J'ai toujours préféré écouter les adultes. Ils sont plus drôles que les jeunes.

 

dimanche 25 juin 2006

Fragments de biographie (1)


 

Je suis né sur une île qui flotte encore de nos jours sur l'océan indien. L'Inde est un peu gonflée de s'être appropriée ainsi un océan qui borde également l'Afrique. Elle aurait pu trouver un accord international et le nommer l'océan indo-africain. Je serais ainsi né dans l'océan indo-africain sur une île proche de Madagascar qui n'est très loin de l'Afrique. Les africains se font vraiment tout voler, même les molécules d'eau qui s'échouent, epuisées, sur leurs plages.

Quand je suis né sur le sable chaud, on avait un président qui fumait tout le temps et qui mourait un peu plus de conseil des ministres en conseil des ministres. Celui qui m'a vu naître

Moi, je me contentais de pousser un premier et dernier cri, étant de nature discrète.

J'aimais mes parents mais vers un an, je prenais conscience qu'ils étaient un peu bizarre. Alors qu'ils avaient tout pour eux : une île pleine de soleil, une plage bordée par l'océan que, donc, les géographes avaient attribué à l'Inde, des volcans qui illuminaient les nuits et trois enfants heureux du tableau, les voilà qu'ils émigraients dans une région où l'herbe était toujours verte grâce à la pluie jamais tropicale mais toujours régulière. Je posais mes pieds en métropole au moment où le président en noir et blanc avait complètement fini de mourir et était remplacé par un autre qui avait dompté la couleur. celui qui m'a vu atterrir

C'était la belle époque où les avions irlandais décollaient de Vincennes pour renifler les diamants en Auvergne. C'était aussi le début du déclin économique mais personne ne s'en rendait compte encore et tous étaient heureux en Simca, Rancho ou R12, et pouvaient rouler bourrés parce qu'à cette époque, un verre ça allait, trois, c'était encore bon.

Moi, mon sort était réglé : j'avais atterri à Paris, on m'avait transporté en Peugeot d'abord sur une autoroute, ensuite sur une nationale puis sur des routes de campagne. on venait de m'enfermer en Normandie pour un bon moment.