Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 15 mai 2006

Le billet doux



Les rues et les amours déménagent.
Cartons trop lourds, camions bondés
Ou simple valise et billet d'avion ;
Objets, visages qu'on ne reverra plus.

Ils emportent tout.
Ils prennent une vie en main,
Plient les billets doux
Et nous laissent sans courage.

Alors je reste chez moi,
sans affaires à déballer
Ni billet d'avion.

J'attends, je crains tout.
Les valises en particulier,
Pleines de notre vie qu'il emporte.

 

Après la vie à deux


Tu n'étais pas prêt, me dis-tu
Et voilà que tu quittes le continent.
Tu n'étais pas prêt pour nous deux
et voilà que je t'envie de l'avoir été pour partir.

En bateau, on dégueule,
En avion, on a peur,
Dans le métro, ça pue,
En voiture, ça bouchonne,
Et les tandem sont dangereux.
Alors ne nous transportons plus en commun.

Ici, de l'autre côté de l'eau,
Il n'y a plus rien d'autre
Que tes affaires silencieuses,
Qui ne tenaient pas dans la valise,
Un lit déséquilibré et des draps froids.

Tout va s'arranger, me dit-on,
Il suffit d'attendre.
C'est ce que je fais sur le divan froissé.